11h00

Derrière en fond de cette petite île du Creizic, nous découvrons la perle du golfe du Morbihan….vous avez deviné… il s’agit de l’île aux moines. Elle nous offre pour l’instant le spectacle de La plage du Rudel. Très peu fréquentée à cause de son éloignement avec le centre de l’Ile, elle est à conseiller seulement si on aime la solitude ou si l’on désire faire une halte avant de poursuivre le tour de l’île par le sentier de randonnée.
Nous poursuivons notre cabotage pour arriver à la plage du goret. Cette charmante crique de sable blanc est très agréable. Son anse est protégée par deux avancées rocheuses qui créent un bassin d’eau calme et chaude et dominée par de beaux pins ! La plus belle de l’île selon le capitaine. Ancienne pêcherie comme son nom l’indique en breton, les usagers du port du Goret barraient autrefois, à marée haute, l’anse d’un filet pour ramasser les poissons pris au piège pendant le jusant à savoir la marée descendante. Cette anse est en partie fermée par les vestiges d’une digue de pierres et constitue aujourd’hui un abri pour les petites embarcations.

Nous apercevons quelques belles villas, des petites criques, l’endroit est accueillant. Il est temps de « jeter la pioche » pour passer à une dégustation de vin blanc et spécialités locales. Le capitaine nous sert, ce qu’il présente comme une œuvre d’art, un muscadet des Côtes de Grandlieu/lie, « les Moineries ». Ce vin est issu de vieilles vignes et produit par le Domaine des Hautes Noëlles sur la commune de Saint-Léger les vignes (au sud-ouest de Nantes). Comme tous les vins blancs du domaine, il est certifié « vin bio ». Ce muscadet est planté principalement avec le cépage Melon de bourgogne et situé aux abords du lac de Grandlieu. Sa récolte est exclusivement manuelle et les raisins sont légèrement macérés avant le pressurage. Puis, il reste en cuve souterraine pendant 18 mois au minimum. Très frais en bouche avec des fragrances d’agrumes, on apprécie.
Pour accompagner, nous goûtons des terrines particulières avec des craquants au blé noir. Bio et végétariennes, elles sont particulièrement goûtées. Sans viande, sans poisson, sans gluten, tout le monde y trouve son compte. La confiture aux algues à base de laitue de mer et de pioka nous surprend. L’ambiance est bonne à bord et chacun a une histoire à raconter.

Les goélands et les mouettes ne sont pas en reste, entourent Milou et crient, nous supplient de bien vouloir partager quelques morceaux. C’est trop bon, pas question d’en perdre une miette !!! Des promeneurs en kayaks nous saluent et nous échangeons quelques mots avec eux. Ils font une rando et reviennent d’un bivouac sur l’île d’Arz. Ils se dirigent vers l’île de Brannec, ravis d’avoir joué avec les courants et les marmites.

Et, juste magique, en fond de décor nous avons la plage du Dréhen dit la grande Plage de l’Ile aux Moines. On dit que c’est la plus belle plage de l’Ile et la seule qui soit utilisable à marée basse et à marée haute. En bordure de plage, quelques belles villas dominent la plage. On y trouve des cabines de bains colorées qui donnent au paysage de délicieux airs de « congés payés ». C’est la plage la plus fréquentée de l’île. La plage abrite un club de voile. Par contre, la baignade n’est pas surveillée. Il y a bien quelques bouées de mouillage mais elles sont privées.

Il est temps de lever l’ancre. Nous longeons la grande plage à distance respectable. Nous retrouvons le courant de la jument et laissant le continent à bâbord, depuis lequel nous distinguons Port-Blanc et la pointe de Brouel. Suivant le bord de l’île sur tribord, nous passons la pointe de Toulindac, appelée aussi, la pointe du bois d’Amour, avec des pins majestueux, avant de rejoindre l’anse du Lério. Seules les vedettes de passagers et les pêcheurs accostent directement à port Lério. Nous nous amarrons au ponton visiteurs. Nous appelons le service de rade qui nous amène à terre à bord d’un puissant zodiac.

Camélias, glycines, mimosas et hortensias nous accueillent dès l’embarcadère franchi. Le port est très actif. Avec tous les passagers qui débarquent/embarquent, les restaurants et les cafés sur le quai, l’animation est à son comble. Le capitaine nous emmène tranquillement par une petite « ruelle » et nous donne les petites infos historiques de l’île.
L’île aux Moines est la plus grande île du golfe du Morbihan et forme une croix de 7 kilomètres sur 3,5. Elle est nommée ainsi car le roi de Bretagne, Erispoë, en avait fait don aux moines de l’abbaye de Saint-Sauveur de Redon au 9 ème siécle. Nous sommes arrivés à notre point de restauration, le San Francisco. Datant du 19 e, cette superbe bâtisse surplombe le port. Occupée par des sœurs franciscaines jusqu’en 1938, elle a été transformée en hôtel-restaurant dirigé par deux sœurs depuis une dizaine d’année. Nous découvrons une superbe terrasse et un grand barnum. Complètement dépaysés, Camille nous accueille et nous installe à une table en terrasse (beau temps oblige) réservée par notre capitaine. Et de là, une vue exceptionnelle sur le port et le golfe. Les bateaux vont et viennent et nous sommes bien. Mathilde, la sœur de Camille, est en cuisine et nous propose une carte de marché avec poissons, viandes et légumes de saison. Une étape gourmande assurément ! Deux d’entre nous craquent pour un homard au kari-gosse avec des frites maison, d’autres profitent d’un authentique plateau de fruits de mer composé selon l’arrivage du jour. Et le beurre demi-sel, huuuum !!! Le déjeuner se déroule dans la bonne humeur et nous profitons bien au calme du spectacle du port, de l’atmosphère sereine et des couleurs changeantes de la mer du golfe, de la douceur du climat…
Après un savoureux dessert maison, le repas se termine. Le capitaine nous suggère de visiter les salles intérieures du restaurant. Nous y découvrons un curieux décor placé sous le signe de la mer : des tableaux de homard, d’oursins, de bancs de poissons et des collages de coquillages.

Nous quittons le « Frisco » pour déambuler un peu le long de l’anse. Les boutiques de location de vélo s’affairent. Le vélo est roi ici. Les voitures sont quasiment absentes. Nous découvrons les ruelles fleuries et les charmantes maisons de pêcheurs. On y trouve un art de vivre propre aux îles. Nous sommes sous le charme de l’île. Le capitaine nous propose de réembarquer et de continuer notre promenade nautique. Après avoir regagné Milou sur le ponton visiteurs, le capitaine nous fait traverser le chenal pour rejoindre le continent et Port-Blanc, distant de 400 m environ. Nous prenons à nouveau la mesure de la force et de la vitesse impressionnante du courant. Petits et grands bateaux ont tous leur trajectoire déviée.

La manière de viser le quai est de ne pas le prendre en point de mire !

A présent, cap vers Arradon !