Poursuite de la navigation dans le Golfe du Morbihan Sud de Séné

Après cette escale en eaux douces au port de Vannes, nous reprenons notre navigation dans le Golfe du Morbihan.

Après avoir emprunté à nouveau la rivière de la Marle (rivière de Vannes), nous virons à bâbord pour longer la côte de Séné.

Les premières îles laissées à bâbord sont les îles de Boëde et Boëdic.

On peut passer à Boëde ou Boëd en franchissant un petit gué qui traverse la vasière à marée basse depuis le hameau de Cadouarn (Séné). La traversée et le cheminement sur l’île ne sont pas aménagés, prévoir les bottes !

Boëd semble être dérivé du mot breton : « Boem » ou « Boed » (sillon fraîchement retourné). Littéralement c’est l’île du sillon ou l’île en friche. Petite île qui s’étend sur 1,5 km de long et 80 m de large.

On y trouve des monuments mégalithiques. On y compte également
une chapelle du  XVe  siècle  dédiée à saint Vital, quelques bâtiments de ferme anciens et une tour de guet (tour Ténéro rebâtie en 1899) qui servait aux douaniers. Elle abrite également les restes d’un dolmen.
On aperçoit des épaves de bateaux qui reposent dans la vasière. Ce cimetière rend hommage à la mémoire des fidèles embarcations de bois que des générations de marins ont utilisées.

Il faut arriver à s’imaginer qu’ici, il y a 5 000 ans, il n’y avait pas la mer. La rivière de Noyalo n’était qu’un filet d’eau. Des gens ont installés des sépultures et venaient s’y recueillir …

Le sud de l’île est colonisé par un herbier de zostère marine, un habitat sous-marin fragile. C’est l’un des deux derniers herbiers de ce type dans le golfe du Morbihan avec celui de l’île d’Ilur. Ils sont soumis à une réglementation particulière interdisant la pêche à la drague et les concessions ostréicoles et le mouillage y est restreint. Espace naturel sensible, des opérations d’élimination du Baccharis halimifolia (espèce invasive réglementée) y sont menées régulièrement.
C’est une île privée et donc, comme toutes les îles privées du golfe du Morbihan, seule la plage est accessible.
Vient ensuite l’ïle Boëdic dont le nom indique que ces deux îles furent sans doute rattachées à l’époque historique. Nous avions déjà évoqué cette île lors de notre navigation cap sur Vannes.

Toute la côte sud de Séné est consacrée aux plaisirs des activités nautiques et à l’élevage des huîtres. Séné est une commune littorale du Golfe du Morbihan qui a su préserver son équilibre et développe ses atouts en protégeant son patrimoine culturel et naturel.

La commune dispose de 47 km de côtes et près de 70 km de sentiers.
Pendant longtemps les habitants de Séné, les Sinagots, ont été des gens de mer. Leur embarcation spécifique, appelé aussi Sinago, est un vieux gréement aux voiles rouges. Les marais salants, désormais transformés en réserve naturelle, étaient l’autre pôle d’activité de la commune.

Ceux-ci furent, durant le 19e siècle, le théâtre de la contrebande du sel. Les Gabelous, douaniers chargés de la surveillance du commerce du sel, se livraient à d’incessantes poursuites avec les Culs Salés, surnom des contrebandiers.
Le sentier des Culs Salés aménagé pour les marcheurs permet de découvrir une vaste palette de paysages : rivages du Golfe du Morbihan et de la rivière de Noyalo, bocage, villages. Ce circuit a été voulu pour être accessible et roulant pour les vélos qui n’ont pas le droit d’emprunter le sentier côtier.

Nous arrivons à hauteur de la pointe du Bill. Point d’observation idéal, en hiver, à marée basse, on peut voir des troupes de bernaches, petites oies originaires de Sibérie, qui changent d’herbiers en vols bruyants.

L´anse du Bill est un lais de mer de 66 hectares séparé des eaux du golfe par une digue composée de deux tronçons constitués de murs de pierres soigneusement appareillés et maçonnés avec un comblement intérieur en remblai.

La grande digue, appelée aussi le Grand-Pont, reliait la pointe du Bill à l´îlot Bechit. Elle mesure 200 m pour une hauteur de 6 m au milieu du chenal et une épaisseur de 15 à 20 m.

Une autre digue, plus petite, rattachait l´îlot Bechit à la presqu´île de la Villeneuve par un remblai de maçonnerie, d´une longueur de 20 m et d´une hauteur moyenne de 1,50 m.

En 1925, une première tempête ouvre une brèche du Grand-Pont. En 1937, une violente tempête finit de la détruire.

Aujourd´hui, la digue principale ne s´étend plus que sur 13 m avant de se transformer en un large cordon de cailloux sur 130 m. Les vestiges de la petite digue ne sont plus conservés que sur une dizaine de mètres.

Le seul élément intact est le système de vannage à l´est de l´îlot Bechit. Il permettait d´évacuer l´excédent d´eau douce des terres basses et d´alimenter en eau salée les salines de Bilhorois situées au sud-est. La ferme de Bilherbon a été transformée en habitation et la ferme de la Villeneuve est abandonnée.

Toujours dans l’anse de Mancel ou de la Villeneuve, une petite île occupe le centre de la baie formée par la presqu’île de la Villeneuve et la pointe du Bill. Cette anse est une vasière et donc inaccessible pour le timonier.
Inhabitée, de plan grossièrement triangulaire, elle fait face à l’entrée de l’anse. Elle est éloignée de 300 m du rivage de l’anse, au niveau de l’ancienne ferme de Bilherbon, mais est accessible à pied à marée basse. Pendant plus d’un siècle, de 1830 à 1937, l’île de Mancel était rattachée au continent : en effet, l’anse de Mancel était coupée du golfe du Morbihan par une double digue, asséchée et utilisée comme terre agricole. Mancel ne retrouve son caractère insulaire qu’aux grandes marées.
L’île a abrité une des trois casernes de douaniers de Séné pour surveiller les salines, la caserne Billorois, jusqu’en 1879, année où elle a été démolie.
Longeant la presqu’île de la Villeneuve, on remarque qu’une grande partie de la presqu’île est occupée par une pinède. Le reste est constitué de prés, de landes et de marais. Elle est uniquement occupée par la ferme de la Villeneuve. Actuellement, elle sert d’abri aux yoles de l’association VPGM, Voiles et patrimoines du Golfe du Morbihan.

Nous arrivons au passage de Saint-Armel qui permet la traversée de la rivière de Noyalo, entre les pointes de Montsarrac et du Passage.
Le passage de saint-Armel est situé à l’embouchure de la rivière de Noyalo dans le golfe du Morbihan, à proximité du château de Bot-Spernen. Il est long de 200 m environ.

L’existence du passage Saint-Armel remonte au moins à 1367, lorsqu’une charte du duc Jean IV de Bretagne le mentionne parmi les possessions des moines de l’abbaye Saint-Gildas de Rhuys. Il était alors désigné sous le nom de « passage de Questenec », en référence à la petite île de  Quistinic  toute proche.
Des cales de 50 mètres de longueur ont été construites à la fin du  XIX e  siècle  et entretenues jusqu’au milieu du  XXe  siècle . Le service de traversée régulière est abandonné depuis 1963, mais une barge assure le passage pendant l’été depuis 1998. Par ailleurs, les cales continuent d’être utilisées par les marins-pêcheurs, les ostréiculteurs et les plaisanciers.

Ce passage évite ainsi un détour routier de 18 kilomètres. En été un passeur permet aux randonneurs de traverser pour aller de séné à la presqu’île de Rhuys.

Alors, rendez-vous prochainement pour continuer le cabotage en presqu’île de Rhuys